Comment pecher le bar au leurre? 9 conseils pour réussir

Comment pecher le bar au leurre

Le positionnement des poissons répond à des règles sociales très avancées qui nous échappent assez souvent. Chaque espèce de poisson répond à des règles précises qui définissent son comportement au sein du groupe dans lequel il se trouve.

La pêche au bar, n’échappe pas à cette logique.Pour cette dernière partie, nous finissons de poser les quelques bases de réflexion de notre grande découverte du monde rocheux.


Positionnement des poissons en fonction de la hiérarchie.

La faune sous marine répond à des règles très strictes en termes de hiérarchie. Comme dans toute strate animale, il existe des dominants et des dominés. Chez les poissons, l’âge est un facteur essentiel, ce qui induit directement une notion de taille. Sur un poste de pêche, et quelle que soit sa taille, il se produit une répartition logique et très souvent constatée des poissons. On distingue deux séparations distinctes :

Les espèces :

nous ne nous avancerons pas à affirmer quoi que ce soit en ce qui concerne une quelconque répartition des espèces. Tout ce que l’on peut s’avancer à dire c’est que les espèces prédatrices se concentrent aux abords même des roches, à l’affût de leurs proies. Les autres espèces (souvent la cible des espèces prédatrices) sont réparties sur les autres zones des différents secteurs de pêche comme les bancs de sable, les couloirs et autres.

Les tailles :

nous avons vu plus haut que les poissons âgés (plus gros) avaient souvent tendance à rechercher les grands fonds. Ceci est vrai quel que soit le poste fréquenté, qu’il s’agisse d’une pierre ou d’un îlot. En bordure de l’émergence rocheuse on trouve des poissons juvéniles de petite ou moyenne taille. Les gros pépères sont bien souvent plus en retrait, à proximité de la pente de plongée profonde. En fait, les gros gardent un œil sur tout ce qui se passe « en haut », toujours prêts, s’il le faut, à aller voir d’un peu plus près ce qui peut sembler intéressant. Les petits poissons, plus insouciants et moins expérimentés se répartissent dans peu d’eau pour bénéficier de toutes les petites proies maintenues pas les algues, les coquillages et autres.

La répartition géographique des poissons semble toujours identique quel que soit le poste concerné. Quelle que soit l’échelle du lieu (île ou bloc de pierre), les poissons semblent respecter des règles immuables. Toutefois, cela ne les empêche pas d’évoluer sur l’ensemble du poste pour aller chercher une proie qui est à leur portée, même si d’autres congénères sont déjà présents.

La hiérarchie animale est moins un besoin de respect d’autrui que d’intelligence nourricière. Les gros poissons se savent mieux postés dans les fonds sombres qu’à la vue de toutes leurs proies. Ils peuvent plus aisément se fondre sur les malheureux mulets ou godes qui passent à leur portée.

Prenez soin, à l’approche d’un poste rocheux, de bien garder cela à l’esprit. Ce conseil vous permettra d’envisager en premier lieu une exploration profonde à quelques dizaines de mètres du rocher convoité pour « entrer » probablement dans la périphérie immédiate dudit rocher.

Vous commencerez probablement par prendre le ou les gros poissons qui gravitent autour du poste et ce, sans effrayer les poissons de bordure. À l’inverse, si vous votre bateau sur les bords du poste, vous risquez de « couvrir » les poissons qui se tiennent à l’écart et de les effrayer.

Nous parlons, bien entendu, d’une approche du large, mais on peut considérer tout l’inverse pour une approche du bord. Il devient alors logique de commencer par une prospection méticuleuse de bordure pour aller ensuite exploiter le large, question de bon sens….

Comment pêcher le bar au leurre: l’exploration des postes.

Nul ne peut décrire une méthode précise et adaptée à chaque poste rencontré. Naturellement, la quantité de postes disséminés sur les côtes françaises rend impossible une quelconque recherche individuelle.

Peut-être peut-on, tout au plus, se construire une expérience conséquente en un lieu que l’on fréquente assidûment durant des années. Toutefois, quelques règles essentielles ont tendance à s’affirmer comme étant immuables.

Ces règles font partie de la logique halieutique et découlent directement de tout ce que nous venons de voir précédemment. Explorons en quelques-unes ensemble….

Règle n°1 : du haut vers le bas.

Bien souvent, il est plus logique de commencer son exploration du poste par une pêche de surface et de descendre progressivement vers les profondeurs. Ce fait est du à plusieurs raisons. En premier lieu, compte tenu des constatations énumérées plus haut, on s’attend à trouver les petits poissons plus en hauteur et les gros plus en profondeur. Notre objectif n’étant pas forcément de prendre les plus gros ni le plus grand nombre, on peut avoir intérêt à ménager le poste pour ne pas effraye r tout notre beau monde en un temps records. Hors, l’agitation de surface n’est pas vraiment très effrayante pour les poissons. Elle ne peut au pire que les faire descendre plus bas mais bien souvent elle produit tout l’effet inverse en les attirant vers le haut. Il est donc plus sage de tenter de faire monter les poissons. Cela reste nettement plus amusant et autrement plus raisonnable que d’agir à l’inverse.

Règle n°2 : du large vers le bord.

En prospectant les zones au large de votre enrochement, vous tentez d’abord les gros poissons. Votre bateau ne risque ainsi pas de les effrayer à l’approche du bord. Prenez toujours soin d’explorer méticuleusement les postes profonds à l’aide de tout l’attirail dont vous disposez. Cuillères lourdes sont choisies si les fonds sont supérieurs à dix mètres, leurres souples, Crank baits et autres Minnows grands plongeurs pour les fonds inférieurs. Pour agir au mieux, prenez des repères au sondeur, ou à marée basse quelques jours avant pour mieux aborder votre poste et respecter les distances de sécurité. Vous aurez toujours plus de chance de piquer un poisson en restant éloigné de lui de quelques dizaines de mètres qu’en le couvrant littéralement. Il faut pour cela avoir une image précise de la déclivité du poste.

Règle n°3 : et du bord vers le large.

Tout le monde ne possède pas un bateau ! Nombreux sont les pêcheurs à user les boots sur les rochers de nos côtes. Pour ces derniers, on conseillera naturellement une démarche inverse. Le problème du bord est très certainement la trace de la ligne en surface, notamment par grand beau temps et mer d’huile. Dans ces conditions, comme dans bien d’autres, il est conseillé d’œuvrer progressivement. Cette méthodologie intervient à deux niveau : le poids des leurres et les distances de pêche. Logiquement, utiliser des leurres très légers diminue le bruit que l’on fait à la surface de l’eau. Il faut être conscient que des poissons qui entrent en méfiance s’éloignent du bord, entraînant avec eux tous leurs congénères croisés au passage. Commencer donc léger, soit en surface pour alors inciter à faire monter la pression prédatrice chez les poissons, soit au fond avec de petits leurres en pratiquant une pêche plus ciblée. Plus vous avancez dans votre prospection, et chaque fois que vous pensez avoir « tarit » une zone, passez à celle qui lui succède en alourdissant vos leurres. Peu à peu vous vous éloignerez du bord sans jamais détériorer vos chances.

Règle n°4 : connaître les influences du marnage.

Chaque poste rocheux est une interminable prose de la nature. Elle montre des visages oh combien différents en fonction du coefficient de marée. Un joli caillou découvert sur un coefficient de 45 peut ainsi devenir un poste de rêve pour un bar par coefficient de 90… Sans connaître un minimum le comportement de votre secteur face aux marées, vous ne pouvez espérer une pêche tactique et précise.

Règle n°5 : bien pêcher c’est souvent sacrifier.

Il est des jours où les poissons sont dehors, en masse et parfaitement disposés à en découdre avec vos leurres. En ces jours de curées magistrales, il n’est point difficile de remplir son quota d’espoirs. D’autres sont par contre plus mitigés. Les poissons sont là, vous les sentez par des attaques furtives ou par quelques prises éparses. Peut-être que les courants sont forts ? Alors les poissons ont le nez dans la pierre. Vos leurres doivent donc y passer aussi… Allez, ne cherchez pas à lancer votre précieux « Flat Slap » dans le caillou pour lui assurer une retraite plutôt humide, mais cherchez plutôt des leurres économiques comme les leurres souples.

Règle n°6 : mers agitées, poisson caché.

Chaque fois qu’un obstacle rocheux s’oppose à la mer, que ce soit au courant ou aux déferlantes, les poissons se réfugient derrière. Être conscient de ce fait permet d’aborder au mieux ces postes dans ce genre de condition.

Règle n°7 : les pentes sont rassurantes.

Sur toute émergence rocheuse, les pentes qui la lie aux fonds sont des secteurs majeurs à exploiter.Ces pentes offrent un écoulement naturel de nourriture arrachée aux flancs par les courants et sont des postes de tout premier ordre pour scruter ce qui se passe plus haut. Quelle que soit la taille de votre poste de pêche, pensez tout d’abord à cerner les limites de ces pentes.

Règle n°8 : des amers pour connaître la mer.

Les amers ne sont pas la chasse gardée des plaisanciers. Tout pêcheur du bord doit pouvoir prendre des repères pour identifier précisément les axes de passages de ses leurres. De la même façon, l’œil doit être aguerri pour enregistrer ces différents axes, notamment lors des prises.

Règle n°9 : faire feu de tout bois.

Ce qui est vrai un jour ne l’est plus le lendemain ! Ce vieil adage colle à la peau des pêcheurs (et des auteurs). Tout ce qui est écrit dans ces pages Web n’a qu’une valeur consultative. Elle résulte des constatations de nombreux pêcheurs au fil des décennies. L’expérience construit la connaissance. Lorsque nous serons passés, nos coins de pêche seront toujours là pour faire parler nos enfants et toutes les générations futures. Qu’est ce qu’une vie à une telle échelle ? Une paille dans l’histoire de notre caillou fétiche…

Ces quelques conseils vous aideront probablement à mieux aborder les postes rocheux. Au final, à la lecture de ces pages, nous espérons avoir synthétisé au mieux l’univers minéral de nos côtes. Celui-ci est d’une incroyable richesse qui ne demande qu’à être exploitée. Peut être qu’au fil des ans, caillou après cailloux, vous finirez en véritables montagnards de la mer, qui sait ?

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