La bible afin de choisir la bonne couleur pour pêcher le loup

La pêche du bar au leurre peut être excellente ou au contraire complétement médiocre. Il suffit de pêcher au mauvais endroits et au mauvais moments pour passer à coté de sa pêche.

Mais alors comment que vous rentrez bredouille, alors que tous les feux sont aux vert (météo, lieux, horaire). Des fois, un tout petit ajustement permet de sortir son épingle du jeu. C’est ce que nous allons voir avec la couleur des leurres pour la pêche du loup

Comment un loup attaque-t-il ?

Il est important de savoir qu’un loup amorce l’attaque d’un leurre bien avant de le voir.

  1. Il ressent d’abord de loin les ondes de pression de la nage de ce leurre,
  2. Il détermine sa consistance (dure ou souple) par effet d’écho dans l’eau incompressible,
  3. Puis il « entend » des bruits de billes, d’hélices ou de cliquetis, …ce qui l’amène à venir voir de plus près de quoi il s’agit.

Dans un deuxième temps,

  • il aperçoit la silhouette du leurre et il peut classer cette cible dans ce qu’il a en mémoire comme animaux mangeables ou ennemis à tuer…
  • Selon le trouble de l’eau, à partir de 5 m la couleur du leurre devient vraiment importante : elle doit permettre au loup de cibler sa proie et lui donner envie de continuer à s’approcher.

Par sa couleur, le leurre doit être bien visible dans les conditions locales et ressembler à quelque chose de mangeable ou en tout cas de non effrayant.

Pour les couleurs la règle de base la plus simple est :

  • Temps clair > leurres clairs
  • Temps sombre > leurres sombres
  • Plein soleil > chromé ou jaune

Pourquoi ces couleurs?

Il faut penser que le poisson « sent » par les ondes de surpression de l’eau et les bruits qu’il y a un truc qui bouge dans son environnement. Alors il se rapproche de ce truc pour essayer de l’identifier. Pour cela, il doit bien voir le leurre, mais comme il le regarde en général vers le haut, il doit bien le distinguer par rapport à la surface de la mer vue d’en dessous et celle-ci est très lumineuse (nacrée-argentée). Comme le poisson n’a pas de paupières, de pupilles très rétractiles ou de lunettes de soleil, il est facilement ébloui. Alors, un contraste trop violent (un noir sur le blanc brillant de la surface par exemple) fait disparaître le leurre alors qu’un éclat argenté-chromé ou un blanc/jaune pétant le fait mieux ressortir.

Curieux non ? essayez vous-même en accrochant des leurres à votre fenêtre un jour de grand soleil et vous constaterez ce que peut voir un poisson en contraste lumineux.

Deuxième règle :

  • Eaux froides > couleurs froides (bleu , vert,)
  • Eaux chaudes > couleurs chaudes (orange, rouge, jaune)

On dit eaux froides si sa température est plus froide que la moyenne du coin ou de la saison habituelle et inversement pour chaud.

Règle générale :

A la première prise de poisson gardé (plus de 25 cm en méditerranée, mais 42 cm recommandé par peche en mer), il faut le tuer et le vider pour voir s’il a mangé des poissonnets et de quelle couleur sont ces victimes. Là cela prime tout et il faut choisir des leurres ressemblants en forme et couleur.

Les yeux du bar

Oui les poissons voient les couleurs, pas exactement comme nous, mais leurs yeux permettent quand même de les discerner.

A l’attention des pêcheurs qui croient de bonne foi que tous les poissons voient les couleurs en gris, voici un tableau des 256 couleurs transformées par logiciel photo professionnel en 256 nuances de gris.

On voit que le gris d’un vert, d’un rouge, d’un bleu ou d’un jaune est le même à luminosité égale.

Or ces couleurs sont très employées en pêche avec des résultats très différents sur le même spot le même jour.

Remarque :

Normalement, un poissonnet en pleine forme est presque invisible à l’oeil des loups, mais il le devient quand il est fatigué ou malade, car il ne se tient plus très bien droit dans l’eau et il montre ses flancs, du sang rouge, des yeux jaunes, des oeufs orange, un dos vert sur fond de sable, etc…

Même si le leurre est très bien imité, il sera alors visible par une partie de son corps, car moins équilibré qu’un vrai poisson vivant. Si vous ne croyez pas à la vertu des couleurs, vous pouvez toujours pêcher avec des vieux leurres mats, gris, marron ou kaki, armés de hameçons un peu rouillés, eux aussi prenants dans certaines circonstances. Mais pour mettre toutes les chances de votre côté en tous lieux et tous temps, il vaut mieux employer des leurres clinquants finement décorés avec de jolies couleurs contrastées et équipés d’hameçons neufs bien aiguisés.

Le Loup et les couleurs – Novices

Chacun a pu constater que, selon les endroits, la profondeur, l’heure de la journée, les conditions de luminosité, la température de l’eau, etc…, une des couleurs de leurre est bien plus prenante que toutes les autres.

Sans entrer dans des considérations biologiques, nous pouvons néanmoins proposer des notions s’appliquant plus particulièrement à la couleur des leurres de traîne, de dandine ou de lancer visant le loup.

Si vous êtes un débutant ayant un peu d’expérience en pêche de rivière et si vous savez pêcher les carnassiers, vous serez bon en mer. Cependant ce n’est pas pareil car les eaux n’ont pas les mêmes couleurs ni la même transparence.

De même un poisson a le ventre nacré-argenté de la même couleur que la surface de l’eau vue d’en dessous et certains maquereaux, le soir ont la peau du ventre rosée pour mieux se confondre avec la lumière du soleil couchant. Quant au dos, il est de la couleur du fond habituellement parcouru, les loups de sable ont le dos jaune sable , les loups de roche sombre ont le dos noir « charbonniers » et les loups d’étang ont le dos verdâtre.

Une chose importante : la ressemblance du leurre avec ce que le loup s’attend à trouver… mais un leurre est forcément imparfait et terriblement repérable.

Normalement, un poissonnet en pleine forme est presque invisible à l’œil des loups, mais il le devient quand il est fatigué ou malade, car il ne se tient plus très bien droit dans l’eau et il montre ses flancs, du sang rouge, des yeux jaunes, des oeufs orange, un dos vert sur fond de sable, etc… Même si le leurre est très bien imité, il sera moins équilibré qu’un vrai et donc visible par une partie de son corps.

A la limite un leurre inverse (dos blanc ventre sombre) paraît plus logique « si l’on peut dire » car il ressemble à un poisson « sub-claquant » près de mourir… Il y a eu une petite série de ces leurres inverses, mais c’était anti-commercial au possible !

Un œil noir vous regarde…

Mais voit-il exactement? Voit-il comme nous les couleurs sous l’eau ?

Par contre, à la dissection, on voit au microscope que la rétine de son fond d’oeil contient des bâtonnets et des cônes. Or on sait très bien que les bâtonnets sont faits pour percevoir l’intensité lumineuse du noir au blanc en passant par le gris et les éclats lumineux, alors que les cônes sont faits pour différencier les couleurs visibles selon le même spectre lumineux que nous (couleurs de l’arc-en-ciel).

Alors, même s’ils ont moins de cônes que nous, les poissons voient les couleurs, c’est scientifiquement prouvé.

D’ailleurs pourquoi croyez vous que les plus belles couleurs que l’on puisse voir dans la nature sont sous l’eau et justement sur la peau des poissons (exotiques par exemple) ? La nature s’amuserait-elle à peindre des poissons à la Picasso sans que les autres n’en voient et n’en admirent le résultat ? En fait c’est un moyen pour bien différencier les espèces de manière à ce qu’elles se reconnaissent entre elles.

Le camouflage en est une autre preuve. Avez vous vu des soles ou des turbots sur un fond de graviers blancs/jaune/rouge/verts ? Non car ils en prennent exactement la couleur et la granulométrie.

Le Loup et les couleurs – Bons pêcheurs

Certains pêcheurs blasés affectent de ne pas croire à la vision colorée des poissons et rejettent d’un haussement d’épaules dubitatif ou méprisant tout propos à ce sujet. Pourtant, chacun a pu constater que, selon les endroits, la profondeur, l’heure de la journée, les conditions de luminosité, la température de l’eau, etc…, telle couleur de leurre est bien plus prenante que toutes les autres.

Les yeux du loup

Il est de notoriété publique que le loup n’a pas les yeux perçants d’une mouette qui voit très bien à 100 m, si vous jetez à l’eau une peau de melon ou un gras de jambon !… d’ailleurs, des bons yeux d’oiseaux ne servirait pas à grand chose aux poissons quand la visibilité sous l’eau trouble est inférieure à 2 m ou même à 10 m la plupart du temps.  

Règles simplifiées

Pour choisir la couleur « du jour »des leurres, voici 4 lois habituellement admises auxquelles les bons pêcheurs de loups se réfèrent souvent. À chaque partie de pêche, une seule de ces lois est prédominante, mais dans le doute, respectez en priorité la loi des similitudes, et, dans celle-ci, en particulier ce qui se rapporte aux températures et à la luminosité.

Loi des similitudes

  • Temps clair = leurres clairs.
  • Temps sombre = leurres sombres.
  • Eaux froides = couleurs froides.
  • Eaux chaudes = couleurs chaudes.
  • Profondeur moyenne en eau bleue = leurres bleus.Profondeur moyenne en eau verte = leurres verts.
  • Fonds clairs, bancs de sable = leurres blonds.
  • Fonds d’algues = leurres marrons, verts ou violets.
  • Soleil jaune = couleur jaune
  • Nuit = leurres sombres ou dorés
  • Poisson fourrage présent = couleur et décors identiques.

Loi des contrastes

  • Toutes situations = leurres à paillettes ou irisés ou brillances chromées.
  • Surface = leurres rouges ou jaune tigré noir.
  • Eaux troubles ou temps de pluie = leurres fluo ou phospho.
  • Aurore, crépuscule ou grande profondeur = leurres fluo.
  • Nuit = leurres phospho.
  • Eau transparente = leurres noirs.
  • Eau opaque = leurres clairs.

Loi d’excitation

  • Chasses = leurres chromés ou pailletés lançant des éclats semblables à des écailles.
  • Proximité ou fin de chasses + poissonnets blessés = leurres à tête rouge sang ou rayés orange fluo.
  • Poissons difficiles = leurres très contrastés par rapport au milieu ambiant.
  • Poissons endormis = leurres de couleurs psychédéliques en contrastes violents.

Loi alimentaire

  • En général = leurres ressemblant au poisson fourrage local habituel en cette saison.
  • Après autopsie de l’estomac = leurre ressemblant aux victimes trouvées.
  • Les incontournables pour notre belle mer méditérannée….

Pratique : couleur leurre pour le bar

Luminosité du ciel

– Si le ciel est clair avec grand soleil, la visibilité sous l’eau sera meilleure, et ce qui vient d’être dit sur les couleurs sera minimisé, mais le poisson sera peut-être plus méfiant surtout si le soleil est très haut dans le ciel. En effet tout poisson chasseur a conscience d’être lui aussi une proie très visible pour ses prédateurs. En général par beau soleil ou temps très clair, les leurres clairs, brillants, chromés ou à paillettes sont meilleurs car le poisson n’ayant pas de pupille rétractile ou de paupières est plus facilement ébloui vers le haut et ne distingue plus alors les contrastes

– Si le ciel est sombre ou le soleil bas (matin et crépuscule), le poisson est moins méfiant et ses yeux sont mieux adaptés à la luminosité ambiante. Dans ce cas, les leurres très sombres sont meilleurs car ils se détachent en ombres chinoises par rapport à la surface et même par rapport au fond si celui-ci est clair ou de couleur différente (vert foncé sur fond marron clair, par exemple).

– Le matin tôt employez du jaune ou rose fluo puis ensuite, dès que le soleil est levé, du vert clair fluo ou phospho.

– Si le temps est mauvais (pluie, vent, grains, vagues) la pêche est plus favorable qu’en grand soleil et calme plat. Par faible profondeur les animaux fourrage sont bousculés dans leurs habitudes et les chasseurs acceptent une grande variété de leurres censé les imiter (ou non).

– Si le ciel est menaçant ou si une dépression approche (voir les formes de nuages d’altitude, les traînées persistantes des réacteurs d’avions de ligne et la courbe du baromètre) les poissons seront plus actifs car une éventuelle tempête qu’ils sentent venir les oblige à faire des réserves pour le cas où ils devraient partir vers l’abri des grandes profondeurs. Là encore beaucoup de leurres sont efficaces, même les plus fous.

Observation et imitation des poissonnets et alevins

Grâce à des lunettes polarisantes de bonne qualité, vous verrez des alevins et des poissonnets sous la surface ou des éclats argentés en profondeur, ce qu’on appelle en Bretagne  » la menuise  » et en Méditerranée « la mélette ». Sur roche, vous verrez plus difficilement des poissonnets verts, marrons ou violets. Notez bien la taille et la couleur (éperlans-athérines, lançons, sprats, loches, petites vieilles, bogues, etc), observez très précisément car il peut y avoir aussi des alevins transparents, des civelles translucides ou des crevettes peu visibles.

Voilà encore de quoi fixer votre choix sur un de vos leurres qui y ressemble le plus, mais, a contrario, certains jours les poissons préfèrent des couleurs complètement folles, comme s’ils étaient rassasiés de la menuise et en avaient assez de manger toujours le même poissonnet local…

Là encore n’hésitez pas à changer !

Lire l’eau en surface pour connaître le fond

A l’aide de ces lunettes polarisantes vraiment toujours nécessaires du bord comme en pleine mer et d’un sondeur en bateau, il faut chercher à évaluer la nature du fond.

Les leurres à employer sur fond de sable ne sont pas les mêmes que sur fond de roche ou de vase, il faut tenir compte de la visibilité en contraste, tout en imitant les poissons locaux.

En effet, la réverbération de la lumière sur le fond donne une luminosité ambiante et une couleur de lumière typique par réflexion (ou réfléchissement), mais cette lumière peut aussi être absorbée par la végétation à certains endroits. Cruel dilemme car les leurres doivent être visibles donc se détacher du fond par contraste, mais ils doivent aussi ressembler aux poissonnets locaux, qui justement sont bien camouflés avec la même couleur par principe biologique et ancestrale.

Rassurez-vous, car on constate souvent que le chasseur voit très bien des leurres marrons sur fond marron, des leurres verts sur fond vert, des leurres clairs sur fond clair et même des leurres transparents en pleine eau !

D’autre part, si le fond est mitigé sable/roche, presque tous les leurres seront visibles à un moment ou à un autre, surtout s’ils sont bicolores. Cette dernière évidence explique pourquoi on a intérêt à suivre les bordures de chenaux sablonneux entre roches : un leurre clair sera très visible sur fond marron d’algues et un leurre foncé sur le fond de sable. Un leurre de couleur claire mais rayé noir sera visible sur tous les fonds.  

Pratique : Trouver le « bon leurre » du jour

En pratique, essayez la séquence suivante :

  1. la couleur la plus logique pendant 1/4 d’heure
  2. la couleur totalement illogique pendant 5 minutes
  3. la couleur moyenne au hasard pendant 5 minutes, puis recommencez le cycle. 

Dès qu’une couleur a pris du poisson, essayez tous les types de leurres de cette couleur pour déterminer le meilleur type/couleur du jour. Ce réglage restera valable quelques jours puis sera à revoir entièrement selon les conditions locales.  

Expériences de visibilité des leurres en profondeur

1 – Pour simuler le filtre coloré de l’eau et son trouble, de manière à visualiser vous-même ce que voient effectivement les poissons, essayez de regarder vos leurres au travers d’un protège-cahier d’écolier, en plastique transparent de couleur verte ou bleue plus ou moins dépoli.

Vous verrez ainsi les différents contrastes proposés sous différentes intensités lumineuses et pourrez choisir le leurre qui reste visible.

2 – En milieu obscur, vous pouvez éclairer les leurres fluo ou phospho avec des lampes riches en UV (lampe à bronzer, tube d’éclairage de discothèque ou d’aquarium, etc.). Vous verrez ainsi le spectacle riche en couleurs qu’offrent vos leurres en grande profondeur, là où il ne reste plus que les UV.

3 – Il faut toujours penser que les yeux des poissons n’ont pas de pupilles très efficaces pour une vision précise en toutes luminosités comme c’est le cas pour nos propres yeux. En revanche, ils voient bien les contrastes de couleurs vers l’avant et vers l’arrière.

À cause de ce handicap, le poisson est facilement ébloui en regardant par en dessous vers la surface de l’eau qui est très lumineuse le jour et peu lumineuse la nuit, mais toujours vaguement éclairée.

Expérience 1

Faites l’expérience vous-même : prenez un vieux rideau de fenêtre en tulle mousseline classique, blanc de préférence. Mettez-le à une fenêtre qui peut recevoir le soleil dans la journée.

Accrochez ensuite à ce rideau 3 leurres : un noir (ou sombre), un blanc (ou clair) et un chromé (cuiller ou poisson nageur).

Accrochez par dessus ce rideau porte-leurres un film de cellophane vert ou bleu correspondant à la couleur de vos eaux.

Il est intéressant de laisser la fenêtre entr’ouverte pour que le courant d’air fasse bouger le rideau en vagues comme la surface de l’eau vue d’en dessous.

Faites 3 essais de vision, par grand soleil, par jour gris normal et par nuit assez claire.

À chaque fois, allez auparavant dans une pièce sombre pour vous reposer les yeux, puis venez dans la pièce au rideau…

Quel leurre voyez-vous en premier ?

– Par grand soleil, vous allez être ébloui et vous ne verrez que les éclats de la cuiller chromée. Le noir sera invisible pour vos pupilles dilatées et le blanc sera fondu dans le blanc du rideau.

– Par jour moyen clair, vous allez voir d’abord le leurre blanc nacré qui se détachera bien sur le blanc sale du rideau. Le noir, curieusement, se verra peu et surtout plus petit que nature.

– Au crépuscule ou la nuit, il n’y aura plus d’éclats chromés sur la cuiller, mais le blanc sera fondu avec le rideau. Seul le noir se détachera bien en ombres chinoises…

Vous pouvez évidemment accrocher toutes les couleurs ou décors à votre disposition, comme le jaune fluo, le rose, le vert, le bleu, le violet, ainsi que les décors striés.

Il faut signaler à propos de cette expérience que les leurres de couleur violet-mauve se voient bien dans presque tous les cas à cause de la forte énergie pénétrante des rayons violets réfléchis par ces leurres. Et pourtant cette couleur est mal aimée et ne se vend pas beaucoup…

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